La Madone au fuseau
Ce tableau, commencé
au printemps 1501 pour Florimont Robertet, secrétaire du Roi de
France, révèle une intensité encore plus importante
de formations montagneuses au ciel clair et lumineux.
Ce tableau de petit format
représente la Vierge au trait juvénile et l’Enfant Jésus
est conservé en plusieurs variantes : deux d’entre elles auraient
été réalisées partiellement de la main du maître.
L’iconographie de la Vierge
au fuseau ( ou à la quenouille ) vient des Evangiles apocryphes
où l’on rapporte que Marie filait la pourpre destinée au
Temple.
La petite œuvre thématise,
d’une part, l’amour de Marie pour son enfant sur lequel elle pose un regard
empli de tendresse, et d’autre part, la Passion du Christ. L’Enfant Jésus
s’intéresse intensément au fuseau qui, en raison de sa ressemblance
avec une croix, est considéré comme le symbole de sa mort
sacrificielle.
Assise devant un paysage
de montagnes et d’eaux, suspendue entre l’anxiété et l’approbation,
Marie observe l’Enfant. Elle semble vouloir réprimer le mouvement
de l’enfant vers le fuseau, sa main gauche entoure tendrement son corps.
Cependant, même Elle ne peut changer le destin du Christ, qui est
de mourir sur la croix. L’enfant se détourne du regard aimant de
sa mère. Il s’est déjà éloigné de la
main droite de cette dernière, levée comme si elle voulait
le protéger, pour consacrer toute son attention au symbole de sa
Passion.
L’intéraction entre
les symboles et le contexte psychologique est complexe : ce n’est pas le
rapport traditionnel de pietas entre la Vierge et l’Enfant, mais une dualité
subtile.
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