LES OMBRES ET LES LUMIERES
Parmi les études conduites
par Léonard sur les effets du monde naturel, celles qui ont trait
aux ombres et aux lumières sont d’une grande importance non seulement
dans son art mais également aussi en raison du caractère
scientifique original, promis à d’immenses échos.
L’expérience de Léonard,
stimulée par les qualités optiques raffinées de la
production flamande, marque un tournant décisif dans la tradition
picturale florentine puis italienne.
Ce que l’on appelle communément
le sfumato de Vinci – modelé vaporeux obtenu par un jeu savant du
clair-obscur – permet un rendu fidèle de la nature, restituant le
volume des corps, la profondeur des paysages et enfin, la justesse des
couleurs, sujettes à d’infinies variations de ton selon l’orientation
des surfaces.
Les théories de Léonard
accordent un rôle prédominant des ombres sur la lumière
: le Trattato de ombra e lume, commençé par Léonard,
définit une typologie complexe des ombres, classées selon
leur « qualité », « quantité »,
« mode », et
« forme », puis subdivisées en « primitives »,
« dérivées » et « réfléchies
». La lumière quant à elle est étudiée
selon les surfaces d’incidence et Léonard distingue « lumière
» et « lustre ». |