Portrait de Cecilia Gallerani
( La Dame à l’hermine )
Ce portrait est à
mettre en étroite relation avec celui de La belle ferronière
puisqu’il appartient à la série des portraits milanais et
surtout car il correspond à un style dynamique du portait auquel
Léonard avait fait allusion dans le portrait de Ginevra de’Benci
et qu’il formule explicitement dans son Traité de la peinture :
le buste et la tête expriment des mouvements contraires. En effet,
dans les deux portraits de femme, le buste est tourné vers la gauche
et la tête vers la droite.
Le portrait de Cecilia Gallerani
reflète le plus clairement cette conception d’un modèle de
représentation animé. En effet, cette œuvre montre nettement
le mouvement de la tête opposé à celui du corps. En
outre, l’hermine répète le mouvement de la jeune femme, dont
la main élégamment cambrée correspond au mouvement
du corps de l’animal.
L’hermine est, d’une part,
une allusion au nom de famille de Cecilia ; en effet, Gallerani rappelle,
de par la consonance, le terme grec « galée » pour hermine.
D’autre part, le petit animal symbolise la pureté et la modestie
( selon la légende, il préférait mourir plutôt
que salir sa belle robe blanche et ne mangeait qu’une fois par jour – Ms.
H. fol. 12 ).
L’hermine, depuis les dernières
années de la décennie 1580, pouvait également faire
allusion à Ludovico Sforza dont elle était l’un des emblèmes.
Ludovico est donc enlacé et caressé tendrement sous la forme
de son animal symbole. La position sociale de la jeune femme explique
la situation particulièrement délicate et le symbolisme.
Cécilia, née en 1473 ou 1474, était en 1489 la favorite
de Ludovico Sforza. Il est certain que ce tableau a été en
sa possession, sans doute en souvenir des plaisirs partagés avec
Ludovic avant et après le mariage de ce dernier. En 1491, peu de
temps après la réalisation du tableau, il épousera
Béatrice d’Este.
|