LA TECHNIQUE PICTURALE
Léonard a fait des
recherches très précises sur les huiles à peindre
et les vernis. C’est grâce à ces dernières expérimentations
que nous devons à Léonard la représentation de Jean
Baptiste, l’une des dernières œuvres qui lui soit attribuée.
Ce tableau est un exemple impressionnant de la technique picturale appelée
sfumato. Il s’agit d’accumuler des glacis et lavis peu couvrants et peu
colorés pour obtenir d’innombrables valeurs d’ombres qui laissent
les contours s’estomper en doux dégradés de lumière
et d’ombre et suggèrent le relief du personnage représenté.
L’effet pictural de cet effet se base, entre autres, sur des expérimentations
avec des huiles, permettant par la succession de couches différenciées,
d’obtenir de nouvelles couleurs, et ce jusqu’à une réduction
presque monochrome du sujet représenté avec de fines nuances
de lumière et d’ombre.
La technique du sfumato
permet au tableau de Jean Baptiste d’offrir un message intéressant
: le personnage apparaît comme une silhouette toute de lumière
se détachant sur l’ombre de l’arrière plan presque noir ;
l’éclairage de la scène provient d’une source lumineuse qui
doit se trouver hors du champ pictural. Jean Baptiste ne génère
donc pas la lumière, il en est le témoin. Ceci correspond
entièrement à la description donnée par l’Evangile
de Saint Jean : « … Parut un homme envoyé de Dieu ;
son nom était Jean. Il vint pour témoigner, pour rendre témoignage
à la Lumière, afin que tous crussent par Lui. Il n’était
pas la Lumière ; il devait rendre témoignage à la
Lumière. » ( Saint Jean, I,6 ).
Le sfumato est donc plus
qu’un moyen d’expression artistique autonome, il transmet au spectateur
le contenu religieux de la peinture. En même temps, il prête
au tableau une certaine densité atmosphérique.
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