EN FRANCE
L’architecture
Les rois de la fin du 15e
siècle, en guerre contre l’Italie, découvrent dans ce pays
des formes nouvelles, et ramènent des artistes en France.
Le premier souverain à
s’éprendre de la Renaissance fut Charles VIII, suivi de Louis XII
et de François 1er . les premières réalisations artistiques
« Renaissance » furent réalisées dans les années
1495.
Depuis Charles VII, les
souverains avaient une prédilection pour le Val de Loire et de nombreux
châteaux médiévaux vont être transformés.
Leur rôle défensif n’étant plus indispensable en raison
de l’unification du royaume, ils sont percés de grandes fenêtres
; l’escalier à rampes droites remplace l’escalier à vis,
et souvent une ou plusieurs ailes sont abattues de façon à
créer une ouverture sur des jardins « à l’italienne
», avec parterres géométriques et symétriques,
nymphée, charmilles, … Louis XII fait ainsi remanier les châteaux
de Blois, Amboise, Chaumont, Gaillon, François 1er, celui de Chambord
qui conserve néanmoins une structure médiévale : puissantes
tours, et partie centrale formant donjon.
Ayant choisi de faire de
Fontainebleau sa résidence officielle, François 1er y a crée
un foyer d’italianisme. il confie l’aménagement intérieur
( dont la galerie François 1er avec ses lambris et ses fresques
entourées de personnages en stuc ) aux artistes italiens Le Primatice
( 1504 – 1570 ), Rosso ( 1494 – 1540 ), Nicolo dell’Abbate ( v. 1509 –
v. 1571 ).
Pierre Lescot ( v. 1515 –
1578 ) réalise les transformations du Louvre, Philibert Delorme
( v. 1510 – 1570 ) construit les châteaux d’Anet et des Tuileries.
L’intérêt pour
les formes de l’Antiquité est grand. C’est ainsi que Jean Goujon
( v. 1510 – v. 1566 ) traduit le De re architectura de Vitruve ( architecte
du 1e siècle ).
La sculpture
Elle reprend elle aussi
la tradition de l’Antiquité. Philibert Delorme (v. 1510 – 1570 )
et Pierre Bontemps ( v. 1506 – v. 1570 ) conçoivent le tombeau de
François 1er dans la Basilique de Saint-Denis comme un arc de triomphe.
Les tombeaux offrent souvent
une double représentation des défunts : sur la plate-forme,
en orants, en train de prier, et en dessous, en transis, le corps décharné
par la mort, montrant ainsi l’intérêt porté à
l’anatomie.
Les divinités gréco-romaines,
en particulier Diane, déesse de la chasse, sont souvent représentées.
On retrouve, dans les rondes-bosses
et les reliefs, les attitudes de la statuaire grecque.
La peinture
La première école
de Fontainebleau ( sous le règne de François 1er ) est marquée
par les personnalités de Rosso
( 1494 – 1540 ) et de Primatice
( 1504 – 1570 ). On apprécie les thèmes mythologiques galants,
les thèmes cynégétiques.
La deuxième école
de Fontainebleau ( sous le règne de Henri IV ) est plus maniériste.
Ambroise Dubois ( 1543 – 1614 ), Toussaint Dubreuil ( v. 1561 – 1602 ),
Martin Fréminet ( 1567 – 119 ) en sont les principaux représentants.
L’art du portrait est un
art typiquement français, portrait psychologique révélant
les traits du caractère. Les Clouet ( Jean v. 1475 – 1541 et François
v. 1515 – 1572 ) ont réalisé de nombreux portraits des grands
du royaume.
Le vitrail
Les œuvres sont désormais
signées et datées par les auteurs des cartons et par les
verriers. Les ressources pécuniaires sont plus importantes et le
clergé n’a plus la main-mise sur la création.
Le vitrail devient un tableau
transparent ; les coloris sont délicats, la perspective est respectée.
Les scènes sont présentées en registres superposés
et non plus en médaillons. Les bordures se raréfient.
Le vitrail religieux présente
souvent des scènes de martyres qui permettent d’étaler des
nudités. On mêle personnages légendaires et allégories.
Les inscriptions sont très nombreuses, sur des frises, des phylactères,
des cartouches, mais aussi sur les galons des rideaux, des vêtements,
les ceintures, les bordures des boucliers.
Le vitrail civil fait son
entrée dans les palais, les châteaux, les sièges des
confréries et des corporations. Il est de dimensions modestes et
représente des scènes de chasse, des batailles, des épisodes
de chevalerie, des fables.
La tapisserie
Elle se rapproche de la
peinture.
Vers 1530, François
1er crée à Fontainebleau la première manufacture royale
de tapisserie dont le directeur est Primatice ( 1504 – 1570 ). Maintenue
sous Henri II, elle disparaît vers 1560.
Les plus belles tapisseries
sont de laine et de soie incrustées de fils d’or et d’argent.
L’iconographie est fondée
sur la mythologie et l’épopée romaine. Les scènes
sont entourées d’une bordure d’arabesques et de grotesques.
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